« La nouvelle norme ISO sur l'économie circulaire oriente l'avenir. »

« La nouvelle norme ISO sur l'économie circulaire oriente l'avenir. »

Le 22 mai 2019 débuteront à Paris les travaux de développement de la nouvelle norme ISO internationale sur l'économie circulaire. Deux semaines plus tard, le jeudi 6 juin, le NBN organisera à Bruxelles le kick-off event « Standards for the Circular Economy ». En tant qu'expert, vous pouvez vous aussi permettre à votre organisation de contribuer à l'élaboration de normes. « Il s'agit là d'une occasion unique pour aider à définir les orientations pour l'avenir », déclare Mieke Pieters, spécialiste du développement durable et fondatrice de The Global Picture et de The Circular Hub.

Lorsque l'ONU a lancé ses 17 Objectifs de développement durable (ODD) pour un monde meilleur et plus durable d'ici 2030, l'« économie circulaire » était l'un des concepts clés. Une économie sans déchets – dans laquelle les matières premières et les matériaux précieux sont utilisés de manière optimale – est en effet l'un des principaux leviers pour atteindre plusieurs objectifs.

Des opportunités aux niveaux macro et micro

« En Belgique, ce sont principalement les pouvoirs publics et les fédérations sectorielles qui sont les locomotives », explique Mieke Pieters. « Ils sont bien conscients des avantages macroéconomiques de la transition vers une économie circulaire. Tout d'abord, le modèle de gains circulaire, dans lequel les mêmes matériaux et matières premières sont utilisés tout au long des différents cycles de vie des produits et services, est source d'énormes opportunités économiques. Il permettra la création denombreuxemplois locaux, notamment dans les domaines de la maintenance, de la récupération et du recyclage, et offrira surtout des possibilités à des groupes qui éprouvent actuellement des difficultés à accéder au marché du travail. »

« Enfin, des sources scientifiques indiquent que la raréfaction des matières premières sera une réalité dans 10 ans, avec pour conséquence une forte hausse des prix sur le marché mondial de ces matières. Mais votre organisation peut, elle aussi, tirer profit de l'économie circulaire. Songeons, par exemple, à votre avantage concurrentiel à votre réputation et aux possibilités de réduction des coûts. En d'autres termes, ce n'est pas seulement le climat qui y gagnedans une économie circulaire. »

Pas de consensus international

Cependant, la principale question demeure de savoir comment passer de l'économie linéaire actuelle – ce que l'on appelle le « take-make-waste » – à un modèle circulaire. C'est en effet souvent la réalisation concrète d'une ambition qui pose problème. Mieke Pieters : « Les entreprises commerciales, les ONG, les universités et les pouvoirs publics ont besoin d'un cadre pour faire la transition et profiter ainsi de l'avantage concurrentiel potentiel. En Flandre, par exemple, nous essayons d'offrir un ancrage par le biais de l’accord Green Deal Circulair Aankopen, une initiative dans le cadre duquel plus de 150 organisations sont impliquées. Mais dans un contexte international, je constate souvent que chaque pays évolue dans sa propre direction. Il existe, par exemple, souvent des centaines de définitions différentes pour les mêmes concepts lorsque vous franchissez une frontière. Et cela complique bien sûr la mise en œuvre d'un projet global. »

L’ISO place la barre haut

Mais heureusement, un changement se profile. Mieke Pieters : « À partir de mai 2019, l'ISO, l'Organisation internationale de normalisation, va travailler sur une première norme de management certifiable pour l'économie circulaire. L'un des objectifs est d'établir un langage universel pour définir le concept d'économie circulaire et  ses sous-domaines. »

« Nous voulons créer un système de gestion pour les professionnels qui souhaitent mettre en place des projets circulaires. La norme les guidera dans la définition d'objectifs concrets et leur donnera un aperçu des  stratégies et des processus qui peuvent les aider à les mettre en œuvre. Enfin, vous bénéficierez également d'un soutien à l’heure de mesurer l'impact de vos efforts, par exemple au moyen de tableaux de bord. Et, cela va plus loin que de simples projets circulaires : la norme ouvre la voie pour une nouvelle ère économique. »

Le processus de normalisation

Des organismes de normalisation de 49 pays différents – dont le NBN pour la Belgique – développeront conjointement la nouvelle norme. Mieke Pieters : « Nous partirons de zéro le 22 mai, mais l'intention est de nous inspirer de normes connexes telles que l’ISO 9001, l’ISO 26000 et l’ISO 20400. Je m'attends à ce que le processus de développement nécessite ensuite au moins 2 ans. Tout dépendra de la rapidité avec laquelle les différentes parties parviendront à atteindre un consensus sur les thèmes centraux, mais après six mois, nous devrions déjà avoir une idée claire de la structure visée pour la norme. »

Wanted : experts de divers domaines pour définir le point de vue belge

L'un des plus grands défis du processus de normalisation consiste à réunir un large éventail d'experts pour l'élaboration de normes. Mieke Pieters : « Il ne s'agit pas seulement de concepteurs de produits ou d'experts en déchets ou en recyclage, nous avons aussi besoin de professionnels prêts à travailler sur les modèles économiques, la logistique, la gestion du changement et le marketing. Les experts peuvent également venir des pouvoirs publics et du monde académique. En d'autres termes, l'économie circulaire a besoin d'éclairages apportés par toutes les disciplines.

De plus, ce n'est pas tous les ans que l'ISO lance un processus de normalisation de cette ampleur. Mon conseil est donc clair : si vous voulez aider votre organisation à poser les jalons de l'économie de croissance par excellence du XXIe siècle, inscrivez-vous en tant qu'expert pour contribuer au processus de normalisation. »

En savoir plus sur The Global Picture.

 

Vous souhaitez contribuer au développement de la norme ISO sur l'économie circulaire ?

Inscrivez-vous au kick-off event « Standards for the Circular Economy » du NBN, qui aura lieu le jeudi 6 juin 2019.

Pour plus d d’information, contactez Pauline Billiouw par e-mail à l'adresse pauline.billiouw@nbn.be ou par téléphone au 0479 73 23 78.