Comment les normes transfrontalières ouvrent la voie au transport intelligent

L’entreprise d'études de marché MarketsandMarkets prévoit une augmentation de 16,4 % du transport routier pour la période allant de 2014 à 2019. Cela implique que les entreprises de logistique doivent transporter de plus grands volumes sur de plus grandes distances. Et ce, en subissant une pression maximale, car les clients sont exigeants en matière de délais, ponctualité et rentabilité. Parallèlement, les problèmes de trafic et d'environnement sont toujours plus aigus et la sécurité devient une question sans cesse plus délicate. La technologie participe heureusement à apporter des solutions pour une chaîne du transport intelligente. Les normes y contribuent elles aussi.

Actuellement, un grand nombre de transporteurs de fret utilisent les ordinateurs de bord pour connaître en temps réel tous les mouvements de leur flotte. Ils savent où se trouve précisément une cargaison et quand ces marchandises seront livrées chez le client. Ils ont également une vue précise sur des paramètres tels que la consommation de carburant. Ils sont ainsi en mesure d’optimiser leur planification, d’améliorer la satisfaction des clients et de transporter de manière plus écologique que ce soit par voie terrestre, navigable ou aérienne. Il ne s'agit toutefois là que du début d'une chaîne logistique intelligente. Pour développer un réseau de transport multimodal véritablement efficace, ces entreprises doivent pouvoir échanger rapidement et aisément des données et des documents avec des tiers. Or c'est là que le bât blesse : l’absence de normes coordinatrices complique la connectivité et en partie aussi la collaboration.

Un écheveau de normes

UN/EDIFACT, SMDG, GS1, OAGi et la norme chinoise LOGINK : les acteurs du commerce international sont confrontés à une multitude de normes différentes. Ces dernières années, des efforts ont été consentis pour développer des normes coordinatrices, destinées à soutenir un transport international intelligent. Le panel d'experts de l’ISOTC 204, par exemple, travaille à standardiser les systèmes de transport intelligents. Il a initié la spécification technique ISO/TS 24533, dont l'objectif est de permettre l'interopérabilité des systèmes.

Normes internationales pour les échanges de données

Étant donné que la collaboration est capitale pour préparer le secteur du transport à l'avenir, le comité ISO/TC 204 entend travailler de concert avec d'autres organisations comme les comités techniques de l’ISO, l’OASIS, l’IATA, l’IEC, le CEN, l’UN/CEFACT et l'Organisation mondiale des douanes. Ensemble, ils espèrent pouvoir développer des normes transfrontalières pour les échanges de données, afin que les acteurs du marché du transport – des ports et aéroports aux sociétés de transport ferroviaire et transport de fret – puissent collaborer pour transporter les marchandises de manière plus rapide, plus efficace et plus durable.

Booking.com pour le transport de conteneurs

Le port d'Anvers, un hub important pour le commerce en Europe, réfléchit déjà dans ce sens. En 2016, il a lancé la Centraal Boeking Platform : une plateforme neutre, sur laquelle les entreprises de transport de conteneurs peuvent chercher une solution pour le transport de leurs cargaisons. Cet outil permet d'avoir une vue d’ensemble des solutions possibles – transport routier, ferroviaire, par voie d'eau, ou une combinaison – en fonction du prix, du délai et du caractère durable. L'utilisateur définit lui-même le système qu'il choisit. Il s'agit donc d'une sorte de booking.com pour le transport de conteneurs et d’un exemple parfait de la manière dont les organisations logistiques conjuguent leurs efforts pour relever les défis de leur secteur. Le panel d'experts ISO/TC 204 entend les soutenir dans cette voie.

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