Des normes pour l'intelligence artificielle : découvrez le sous-comité à pied d'œuvre

L'intelligence artificielle (IA) est devenue une réalité : il existe un nombre croissant d'applications d'IA qui changent radicalement notre façon de vivre, de travailler et de faire des affaires. C'est précisément parce que ces changements ont un impact considérable sur notre monde que les normes sont incontournables. Comment ces normes voient-elles le jour ? Qui les développe et comment pouvez-vous coopérer personnellement à leur élaboration ?

« La normalisation aidera les gens à mieux comprendre le concept complexe de l'intelligence artificielle. Ce n'est que lorsqu'ils saisiront le fonctionnement de l’IA qu'ils en accepteront pleinement les applications », a expliqué Wael William Diab dans le premier article de notre série de blogs consacrés à l’IA. Cet expert dans le domaine préside le sous-comité technique SC 42 (ISO/CEI JTC 1/SC42) que l'ISO et la Commission Electrotechnique Internationale (CEI) ont créé fin 2017 pour élaborer des normes relatives à l'IA.

L'écosystème complet de l'IA à la loupe

Parce que l'IA est un domaine très vaste, qui implique de nombreuses parties prenantes et une multitude de processus, Wael William Diab et ses collègues collaborent étroitement avec les groupes de travail et d'étude de l'ISO, et avec des acteurs des domaines les plus divers. « Ce qui rend la commission unique, c'est que nous examinons l'ensemble de l'écosystème de l'IA de la technologie aux applications possibles, en passant par les implications sociétales et éthiques », explique-t-il.

Quatre groupes de travail

Afin de garder une vue d'ensemble et de travailler de manière ciblée, la commission de normalisation SC 42 a constitué quatre groupes de travail différents, dont chacun a ses propres tâches :

  • Foundational standards

Ce groupe travaille sur la base de la normalisation de l'IA : la terminologie, la taxonomie et les définitions. Pour que tous les acteurs impliqués dans l'IA – des techniciens et des décisionnaires politiques aux services juridiques – parlent le même langage et se comprennent mutuellement.

  • Computational methods and techniques

Ce groupe d'étude explore la technologie (machine learning, deep learning, réseaux neuronaux, etc.) que les systèmes d'IA utilisent pour identifier leurs caractéristiques. Ils étudient également l'architecture et les caractéristiques des systèmes d'IA spécialisés. Une fois sa mission d'étude terminée, le groupe répertoria tous les résultats et indiquera où la normalisation est nécessaire.

  • Trustworthiness

Parce que la fiabilité de l'IA suscite de nombreux doutes, un troisième groupe de travail se concentre spécifiquement sur la confidentialité, la sécurité, la fiabilité, l'exactitude et la transparence des systèmes d'IA. Ce groupe devrait élaborer de nombreuses recommandations pour la normalisation.

  • Use cases and applications

Un quatrième groupe dresse la liste de toutes les applications d'IA existantes, afin de créer un cadre de classification. Si un tel cadre voit le jour, des cas d'utilisation et des meilleures pratiques seront recueillis pour chaque groupe d'applications.

Questions éthiques et big data

Le sous-comité SC 42 travaille par ailleurs aussi sur les questions à caractère sociétal et éthique de l'IA. Il se penche sur des questions telles que : « Quel impact l'IA aura-t-elle sur le marché de l’emploi ? Dans quelle mesure les systèmes intelligents sont-ils neutres ? Pouvons-nous former les systèmes d'IA et comment nous assurer qu'ils ne seront pas plus intelligents que les humains ?

Enfin et surtout, les big data relèvent depuis peu des responsabilités de Wael William Diab et de son équipe : parce que l'IA est indissociablement liée aux données – sans données de qualité, une solution d'IA ne peut générer des résultats –, le sous-comité SC 42 reprend les responsabilités du groupe de travail chargé des big data (JTC 1/WG9). Le comité décidera bientôt de la manière d'aborder la question des big data.

Les normes garantes du succès de l’IA

Le sous-comité verra indubitablement la liste de ses responsabilités étendue dans l'avenir. « L'intelligence artificielle évolue si vite que le programme de travail du sous-comité SC 42 devra également être adapté », a déclaré le président du comité Wael William Diab. « Mes attentes sont très grandes. L'intelligence artificielle aura un impact sans précédent sur notre avenir. Grâce aux normes, nous pouvons contribuer au succès de l'IA. »

Vous souhaitez un rappel concernant l’IA et l'importance des normes ? Nous vous invitons à lire notre blog Comment les normes contribuent au succès de l'intelligence artificielle.

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