Georges Klepfisch prend congé du NBN

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Georges Klepfisch prend congé du NBN

«L’ambition de donner sa juste place à la normalisation belge»

Georges Klepfisch, l’ex-président du conseil d’administration du NBN, a pris sa retraite en 2020, juste avant que le coronavirus mette la Belgique à l’arrêt. Entre-temps, deux années ont passé et nous souhaitions céder une dernière fois la parole à cette personnalité passionnante, dans cette interview de départ.

Georges Klepfisch

Ingénieur civil de formation, Georges a entamé sa carrière en 1977, au Centre de recherche conjoint du bâtiment (CSTC). Il y a travaillé en tant que conseiller en chauffage et en énergie. En 1990, il fut l’un des fondateurs du Centre belge de domotique (BCDI), où il s’est familiarisé avec les normes internationales. Il a découvert le Bureau de normalisation pour la première fois en sa qualité de responsable de la certification dans le secteur de la construction. Il est devenu directeur du NBN et président du Conseil supérieur de normalisation en 2005. C’est en 2014 qu’il devint finalement président du NBN.

 

Comment avez-vous vécu ces six années à la présidence du conseil d’administration du NBN ?

Georges : « Pour moi, ce fut une belle période, car j’ai eu l’occasion de collaborer avec le CEO Johan Haelterman. Le NBN a énormément progressé sous sa houlette. J’ai d’emblée eu un bon contact humain avec lui. Nous nous complétions parfaitement. Nous avons bien travaillé ensemble pour être mieux représentés en tant que petit pays sur la scène internationale de la normalisation. Nous sommes, en effet, un pays d’experts, même si on le sait trop peu. Nous avons également donné à nos centres de recherche conjoints la place qu’ils méritent sur la carte mondiale de la normalisation. Nous avons actuellement une voix certes modeste, mais équilibrée sur la scène internationale. Une voix dont on tient compte. Pour moi, ce sont de grandes réalisations ».
 

Quelle contribution avez-vous apportée à la normalisation ?

Georges : « Les contributions directes sont toujours très limitées, car le processus de normalisation est un processus démocratique. Il fournit une base, étayée par des compromis et des accords. Mon objectif n’était donc pas d’apporter une contribution personnelle au processus de normalisation, mais plutôt de donner sa juste place à la normalisation belge. Et de donner au plus grand nombre l’envie de devenir expert ».
 

Comment le NBN a-t-il évolué, ces dernières années ?

Georges : « Nous sommes passés d’une organisation classique, à l’ancienne, à une entreprise hautement informatisée. Nous avons fait d’énormes efforts sur le plan des TIC. Peu d’organisations font mieux. Notre petite équipe peut se prévaloir d’une grande expertise. Les outils que nous utilisons sont de la plus haute qualité mondiale. Nous avons également travaillé intensivement sur le marketing. Le NBN est devenu une entreprise plus commerciale, plus visible et accessible, qui promeut la normalisation dans les différentes industries en Belgique. Tout cela se traduit par une satisfaction accrue des clients ».
 

Quelle est, selon vous, l’importance des normes ?

Georges : « Les normes sont particulièrement importantes pour un commerce sans restrictions et pour la protection des personnes. Elles servent le bien commun. Les normes sont un compromis que l’ensemble de la société accepte. Plus notre monde devient complexe, plus les normes gagnent en importance ».
 

Pourquoi les normes sont-elles importantes pour notre économie ?

Georges : « Sans normes, vous ne pouvez tout simplement pas mettre de nouveaux produits sur le marché (international). Mais ce n’est pas tout : la normalisation favorise aussi la concurrence. Grâce aux normes, nous disposons d’une abondance de produits et de services de qualité et sûrs, à un prix compétitif ».
 

Comment pensez-vous que le NBN devrait se projeter dans l’avenir ?

Georges : « Je pense que le NBN devrait surtout travailler sur la simplicité d’emploi des normes afin que les petites entreprises, les particuliers et les consommateurs puissent aussi les comprendre et travailler selon les meilleures pratiques. Il est important qu’elles soient rédigées dans un langage clair et intelligible. Nous devons également faire mieux entendre la voix de la Belgique sur la scène internationale. À cet égard, nous sommes heureusement sur la bonne voie ».
 

Dominique Du Tré est devenu le nouveau président du conseil d’administration en 2020.

Dominique Du Tré

Elle travaille depuis 29 ans déjà dans l’univers des fédérations. D’abord à la fédération des machines agricoles, puis à la fédération de l’industrie technologique Agoria. Ses diverses fonctions l’ont amenée à être souvent en contact avec les normes nationales, européennes et internationales. Au sein d’Agoria, elle devient responsable de l’entité « réglementation et normalisation » et découvre le NBN. Elle est aujourd’hui responsable de l’entité des experts qui assurent le service aux membres. Lorsqu’Agoria est devenu un opérateur sectoriel au NBN, Dominique a pris un siège au conseil d’administration du NBN, avant d’en devenir finalement présidente en 2020.

 

Quels sont vos projets pour le NBN ?

Dominique : « J’entends encore réaliser certains projets avec Johan et son équipe. Nous nous efforçons de nous impliquer de plus en plus au niveau international dans le processus de normalisation. Johan est ainsi également membre du Conseil de l’ISO. Il est crucial d’être étroitement impliqué dans le modèle de gouvernance internationale de la normalisation. Les projets du NBN s’inscrivent, en outre, dans les priorités présentées en février 2022 par le commissaire européen Thierry Breton pour sa nouvelle stratégie européenne de normalisation. Le NBN devient une entreprise beaucoup plus dynamique et se défait de son image ringarde. Nous voulons que l’utilisateur final puisse trouver les normes aussi facilement que possible, afin qu’elles soient utilisées efficacement. Car nous voulons, en fin de compte, que les normes percolent dans la société. Il reste beaucoup de travail pour que les normes et la normalisation soient mieux connues dans l’enseignement. Les étudiants sont, en effet, les utilisateurs et les concepteurs des normes de demain. Le changement générationnel entre experts en normalisation doit simplifier cela. Sensibiliser toutes les parties prenantes et attirer des experts pour ensuite les accompagner dans le processus de normalisation reste une priorité absolue pour le NBN. L’idéal serait que tout le monde sache ce que sont les normes, quelle est leur valeur ajoutée et pourquoi la normalisation est tellement importante ».