L'attrait des biostimulants et engrais requiert une normalisation

L'attrait des biostimulants et engrais requiert une normalisation

L'agriculture évolue à un rythme rapide. Tandis qu'il existe chez les consommateurs une demande croissante pour des procédés et produits plus durables, le secteur continue de développer des technologies novatrices. En conséquence, les biostimulants, les engrais et les amendements minéraux basiques sont attrayants. « La Commission européenne a donc lancé un processus de normalisation afin de fournir un cadre clair à toutes les organisations impliquées dans ce nouveau domaine », déclare Beata Cebere, Regulatory Affairs Manager chez Agrinos, société de biotechnologie basée aux États-Unis et en Norvège.

Beata Cebere est un membre actif des comités techniques « CEN/TC 455 - Biostimulants des végétaux » et « CEN/TC 260 Engrais et amendements minéraux basiques » du Comité européen de normalisation (CEN). Une position qui lui permet d'affirmer qu'introduire des normes harmonisées est une nécessité. « Il y a beaucoup en jeu », explique-t-elle. « Tout d'abord, nous devons garantir que les produits agronomiques, tels que les biostimulants, sont sans danger. Ensuite, s'ils sont bien utilisés, ces produits peuvent représenter une percée pour l'efficacité agricole et l'économie circulaire. Il va sans dire que nous invitons de nouveaux experts à partager leurs points de vue au sein des comités nationaux qui influenceront le processus de normalisation. »

 

Une nouvelle réglementation européenne

Quel a été le déclencheur du processus de normalisation ?

Beata Cebere : « L'utilisation des biostimulants ne se limite plus à la production biologique et aux cultures de grande valeur. Les producteurs conventionnels ont également pris le train en marche pour répondre aux exigences économiques et de durabilité. Par conséquent, les biostimulants sont de plus en plus utilisés dans un grand nombre de pays, tant en Europe que dans le reste du monde. Une évolution que les institutions européennes ont remarquée. Après trois ans de négociations, elles ont publié une nouvelle réglementation en la matière le 5 juin 2019. L'UE est ainsi devenue le premier organe directeur au monde à reconnaître les biostimulants comme une catégorie distincte d'intrants agricoles, une étape vers une agriculture plus durable. Le seul problème est que nous n'avons pas de normes pour cette catégorie. Ou du moins, pas encore. »

 

Un travail de pionnier

Que souhaitez-vous accomplir avec le processus de normalisation ?

Beata Cebere : « Au sein du CEN/TC 455, nous ambitionnons de développer un ensemble de plus de 30 normes qui couvriront des thèmes tels que les procédures d'échantillonnage, l'étiquetage, la dénomination, les exigences de sécurité et les méthodes de test pour vérifier les allégations relatives aux biostimulants. Le contenu de ces normes sera très important pour la libre circulation des marchandises dans le Marché commun et l'amélioration de l'agriculture en général. De plus, il dynamisera l'économie circulaire. Le renforcement de la résilience des systèmes et la réutilisation des matières premières qui sont actuellement éliminées comme des déchets sont deux des principes clés de la politique européenne en matière d'économie circulaire, mais l'existence de règles et de normes nationales divergentes rend difficiles leur vente et leur utilisation par les producteurs d'engrais organiques sur le marché unique européen. Une situation qui va changer. »

Quand pensez-vous que ces normes européennes seront publiées ?

Beata Cebere : « La demande de normalisation a été soumise. Lorsqu'elle aura été approuvée, il faudra environ 36 mois pour élaborer les normes. D'abord en tant que spécifications techniques – publication prévue pour le 1er janvier 2022 et ensuite, en tant que normes – publication prévue pour le 1er janvier 2024. Ensuite, tous les pays participants devront adopter les normes : les pays de l'UE, les quatre membres de l'Association européenne de libre-échange (AELE) et la Turquie. »

Le projet relatif aux engrais se présente-t-il de la même manière ?

Beata Cebere : «  Oui, exactement. Certaines normes seront même les mêmes que celles pour les biostimulants, comme par exemple les exigences de sécurité relatives aux métaux lourds et aux agents pathogènes responsables de maladies. Par conséquent, les deux comités ont l'intention de travailler en étroite collaboration. De surcroît, l'Organisation internationale de normalisation (ISO) participe activement aux deux processus de développement, car il est fort probable que ces nouvelles normes européennes constitueront la base des futures normes ISO. »

Les nouvelles normes européennes pour les biostimulants des végétaux et les engrais pourraient influencer les futures normes ISO.

 

Beata Cebere

Tout le monde y gagne

Qui bénéficiera de ces normes européennes harmonisées ?

Beata Cebere : « Nous distinguons quatre groupes. Premièrement, les consommateurs : des agriculteurs aux utilisateurs finaux. Par exemple, les agriculteurs obtiendront un meilleur retour sur investissement grâce aux engrais et aux biostimulants, tout en réduisant les pertes de nutriments. Les utilisateurs finaux, quant à eux, obtiendront davantage de garanties quant à l'impact minimum des activités agricoles sur l'environnement. L'industrie elle-même bénéficiera également de normes harmonisées. Les organisations pourront vérifier si les exigences internes et différentes exigences légales qui existent dans d'autres pays sont rencontrées. C'est l'une des raisons pour lesquelles le Conseil européen de l'Industrie des Biostimulants (EBIC) participe activement aux travaux du comité de normalisation « CEN/TC 455 - Biostimulants des végétaux ». Un troisième groupe qui récoltera les fruits de notre travail est celui des organismes officiels et privés d'audit et de contrôle, qui auront à leur disposition un cadre solide. Enfin, la politique de la Commission européenne relative à un marché unique et à l'entrepreneuriat se verra accorder plus de confiance. »

 

Plus forts ensemble

De quel type d'experts les groupes de travail chargés de la normalisation ont-ils besoin ?

Beata Cebere : « Nous accueillons toutes sortes d'experts, car nous sommes vraiment des pionniers dans ce domaine et de nombreux acteurs seront touchés. Nous essayons ainsi d'assurer un équilibre entre toutes les parties intéressées. Les membres nationaux du CEN, comme le NBN pour la Belgique, ont le droit de nommer des délégués aux comités techniques et des experts aux groupes de travail du CEN. Certains d'entre eux organiseront également des commissions de normalisation nationales ouvertes à toutes les parties prenantes. Les membres de ces commissions de normalisation recevront les documents de travail et pourront également voter sur d'éventuelles enquêtes. »

Pourquoi les experts devraient-ils participer ?

Beata Cebere : « Ils peuvent peser sur les meilleures pratiques qui détermineront l'avenir des biostimulants et des engrais, et défendre ainsi les intérêts de leurs organisations. Mais pour moi, le principal avantage de la participation à ces comités, ce sont les connaissances et le savoir-faire que nous accumulons. En interagissant avec d'autres experts, je continue d'apprendre moi-même. Les organisations publiques, privées, universitaires et non gouvernementales ont toutes des points de vue, une culture et des antécédents différents, mais en unissant nos forces, nous pouvons faire une différence qui profitera à chacun. »

Beata Cebere est Regulatory Affairs Manager chez Agrinos, une société de biotechnologie basée aux Etats-Unis et en Norvège, qui opère depuis la Belgique. Elle a fait ses preuves dans le secteur de la biotechnologie et possède de solides compétences professionnelles dans les domaines suivants : chimie, ISO 14001, conformité environnementale, ingénierie chimique et environnement, santé et sécurité (EHS).

Aidez-nous à façonner l'avenir de l'agriculture européenne

et rejoignez nos commissions de normalisation belges pour les biostimulants des végétaux et les engrais.

Pour obtenir de plus amples informations

sur la participation aux commissions de normalisation, envoyez un e-mail à l'adresse standard.development@nbn.be ou appelez le 02 300 78 53.
 

Contactez-nous